La résistance thermique : l'ohm de la chaleur
La résistance thermique mesure l'opposition au passage de la chaleur, en parfaite analogie avec l'électricité : l'écart de température joue le rôle de la tension, le flux de chaleur celui du courant, et ΔT = R × P remplace U = R × I. Une résistance de 2 K/W signifie que chaque watt traversant provoque 2 kelvins d'écart. Comme les résistances électriques, les résistances thermiques s'additionnent en série — boîtier, pâte thermique, dissipateur — et se combinent en parallèle.
En électronique : dimensionner un dissipateur
C'est l'usage roi du K/W. Un transistor dissipant 20 W avec une résistance jonction-air totale de 3 K/W s'échauffe de 60 K au-dessus de l'ambiance : à 25 °C ambiants, la jonction atteint 85 °C. Le calcul enchaîne les résistances en série : jonction-boîtier (fiche constructeur, souvent 1 à 2 K/W), interface thermique (0,1 à 0,5 K/W selon la pâte) et dissipateur-air (la valeur en K/W qui figure dans les catalogues de radiateurs). Plus le K/W est bas, meilleur est le refroidissement.
Dans le bâtiment : la résistance R des isolants
L'isolation utilise une résistance surfacique R en m²·K/W — la valeur « R » des étiquettes d'isolants, égale à l'épaisseur divisée par la conductivité λ. Les réglementations exigent typiquement R ≥ 8 m²·K/W en combles. Les documentations nord-américaines affichent une « R-value » en unités impériales (ft²·°F·h/BTU) : elle vaut 5,678 fois la valeur SI — un R-19 américain correspond à R ≈ 3,3 m²·K/W. Attention donc aux comparaisons transatlantiques d'isolants.
Le °F·h/BTU des documentations américaines
L'unité impériale de résistance thermique absolue, le °F·h/BTU, exprime combien de degrés Fahrenheit d'écart provoque un flux d'un BTU par heure. Elle vaut 1,896 K/W : les fiches de composants ou d'équipements thermiques américains s'y réfèrent parfois. Ce convertisseur fait la traduction directe ; pour les résistances surfaciques du bâtiment (R-value), pensez à la nuance : ce sont des m²·K/W, une grandeur par unité de surface.