L'ampère : le débit des charges
L'ampère mesure un débit de charge : un coulomb par seconde. L'électronique descend au milliampère (une LED consomme 10 à 20 mA) et au microampère (les modes veille), l'électrotechnique monte à la dizaine d'ampères (un radiateur de 2 000 W sous 230 V tire 8,7 A), et les court-circuits comme la foudre atteignent les kiloampères — un éclair moyen transporte 30 kA.
Le courant qui traverse la maison
Chaque circuit domestique est protégé selon son courant : disjoncteurs de 16 A pour les prises (câble 1,5 ou 2,5 mm²), 20 A pour les circuits spécialisés, 32 A pour la plaque de cuisson. La formule I = P/U traduit les puissances en courants : sous 230 V, chaque kilowatt appelle 4,35 A. L'abonnement lui-même se comprend en ampères : 9 kVA correspondent à 45 A monophasés — au-delà, le disjoncteur d'abonné déclenche.
Les seuils physiologiques du courant
C'est le courant, pas la tension, qui rend l'électricité dangereuse : la perception commence vers 0,5 à 1 mA, la contraction musculaire qui empêche de lâcher vers 10 mA, la fibrillation cardiaque menace dès 30 à 50 mA en alternatif — d'où les interrupteurs différentiels 30 mA obligatoires, qui coupent en quelques millisecondes dès qu'un tel courant fuit vers la terre.
Micro, nano : les courants de la mesure
Capteurs et instrumentation vivent aux petites échelles : les boucles industrielles 4-20 mA transportent les mesures, les photodiodes délivrent des microampères, les entrées d'amplificateurs de précision fuient en nano- voire picoampères. Les unités CGS survivent dans les vieux textes : l'abampère (ou biot) vaut 10 A, le statampère 3,34×10⁻¹⁰ A.