Le courant par unité de largeur
La densité de courant linéique K décrit un courant réparti sur une nappe — plan de masse, blindage, enroulement plat — en ampères par mètre de largeur. À ne pas confondre avec la densité surfacique J (A/m², par section de conducteur) : ici, on compte le courant qui traverse chaque mètre de front. Un bus de 10 cm de large portant 50 A travaille à K = 500 A/m.
Nappes de courant et champ magnétique
L'électromagnétisme aime cette grandeur : une nappe infinie de densité K crée de part et d'autre un champ magnétique uniforme H = K/2, et un solénoïde de n spires par mètre parcourues par I équivaut à une nappe K = nI — d'où son champ interne H = nI. Le kA/m de K rejoint ainsi directement le A/m du champ H : les deux grandeurs partagent leur unité, ce qui n'est pas un hasard.
Blindages et plans de masse
Dans les circuits imprimés et les blindages, les courants de retour s'étalent en nappes : la chute de tension d'un plan de masse se calcule à partir de K et de la résistance carrée du cuivre (0,5 mΩ/carré pour 35 µm). Les courants de foudre sur un fuselage ou une enveloppe métallique se répartissent de même : 100 kA sur un cylindre de 3 m de circonférence font 33 kA/m localement — le dimensionnement des fixations et joints conducteurs en dépend.
Machines électriques : la charge linéique
Les concepteurs de moteurs raisonnent en « charge linéique » : les ampères-tours par mètre de circonférence d'entrefer, typiquement 20 à 60 kA/m pour les machines industrielles et davantage pour les moteurs refroidis par liquide. Cette densité, multipliée par l'induction magnétique, donne l'effort tangentiel par unité de surface d'entrefer — le couple massique d'un moteur se lit donc directement dans ses kA/m.