H : l'excitation magnétique
Le champ H mesure l'excitation magnétique créée par les courants, en ampères par mètre — à distinguer de l'induction B (en teslas) qui inclut la réponse du matériau : B = µ₀µᵣH. Dans un solénoïde de n spires par mètre parcourues par I, H = nI. L'unité CGS, l'oersted, vaut 1000/(4π) ≈ 79,58 A/m et domine encore les fiches d'aimants.
L'oersted des fiches d'aimants
La coercitivité des aimants permanents — le champ inverse nécessaire pour les démagnétiser — se donne massivement en oersteds : un ferrite tient 3 000 Oe, un néodyme N42 autour de 12 000 Oe (955 kA/m). Les matériaux d'enregistrement magnétique et les tôles de transformateurs se spécifient aussi en Oe dans la littérature anglo-saxonne : la conversion vers les kA/m des normes européennes multiplie par 0,0796.
Repères de champs H
Le champ terrestre vaut environ 40 A/m (0,5 Oe) — celui qui oriente les boussoles. Un solénoïde de travaux pratiques crée quelques kA/m ; la saturation du fer doux s'amorce vers 100 à 500 A/m ; les champs de démagnétisation des aimants modernes atteignent 1 000 kA/m. Dans l'air, la correspondance est simple : 1 kA/m produit 1,257 mT.
B ou H : lequel utiliser ?
H décrit la cause (les courants), B l'effet total (incluant l'aimantation de la matière). Les courbes B(H) des matériaux — cycles d'hystérésis — relient les deux : leur surface donne les pertes fer des transformateurs et moteurs. En pratique : les bobinages et la coercitivité se pensent en H (A/m, Oe), les flux, forces et inductions en B (teslas, gauss) — notre convertisseur de densité de flux magnétique complète celui-ci.