Le henry : l'inertie du courant
L'inductance mesure l'opposition d'un circuit aux variations de courant : un henry induit un volt quand le courant varie d'un ampère par seconde. Comme le farad, le henry est grand : la pratique descend au millihenry des selfs de filtrage, au microhenry des alimentations à découpage et au nanohenry des circuits radiofréquence — un simple centimètre de fil « pèse » déjà environ 10 nH.
Repères d'inductances
Ordres de grandeur : piste ou patte de composant ≈ 1 nH/mm ; self d'antenne radio 1 à 100 µH ; inductance de convertisseur à découpage 1 à 100 µH ; self de filtrage secteur 1 à 100 mH ; bobinage de contacteur ou de relais 0,1 à 10 H ; enroulement de transformateur de distribution, des dizaines de henrys. Le marquage des selfs moulées imite celui des condensateurs : « 101 » = 100 µH.
L'inductance au travail
Associée à un condensateur, l'inductance résonne à f = 1/(2π√(LC)) — le cœur des oscillateurs, filtres et circuits d'accord : 100 µH et 100 pF sonnent à 1,59 MHz. Dans les alimentations à découpage, la self stocke l'énergie ½LI² à chaque cycle ; dans les filtres CEM, elle bloque les hautes fréquences. Son défaut : l'énergie stockée provoque des surtensions à la coupure — la raison des diodes de roue libre sur les relais.
Parasites : quand les nanohenrys comptent
En haute fréquence et en électronique de puissance rapide, les nanohenrys du câblage dominent : 10 nH parcourus par un courant variant de 10 A en 10 ns génèrent 10 V de surtension (U = L·di/dt). La chasse aux boucles de courant, les condensateurs au plus près des puces et les boîtiers sans pattes découlent de cette arithmétique — que ce convertisseur aide à mener entre nH, µH et mH sans erreur d'échelle.