La conductivité : le matériau, pas l'objet
La conductivité σ — l'inverse de la résistivité — mesure l'aptitude intrinsèque d'un milieu à conduire le courant, en siemens par mètre. Les liquides se cotent en mS/cm et µS/cm (1 µS/cm = 10⁻⁴ S/m), les métaux en MS/m. La chimie de l'eau en a fait son indicateur universel : la conductivité croît avec les ions dissous, donc avec la minéralisation.
L'eau, du pur à la mer
Repères en µS/cm à 25 °C : eau ultra-pure de laboratoire 0,055 ; eau déminéralisée < 5 ; eau de pluie 20 à 80 ; eau du robinet 200 à 800 ; limite de potabilité européenne 2 500 ; eau de mer ≈ 50 000 (50 mS/cm). Les aquariophiles et les cultivateurs hydroponiques pilotent leurs solutions au conductimètre : l'« EC » des tableaux de culture n'est autre que la conductivité en mS/cm, typiquement 1 à 2,5 selon les plantes.
Conductivité et TDS
Les testeurs « TDS » convertissent la conductivité en résidus dissous (ppm) par un simple facteur 0,5 à 0,7 selon l'étalonnage : 500 µS/cm ≈ 250 à 350 ppm. La mesure dépend fortement de la température (+2 %/°C environ), d'où la compensation automatique à 25 °C des appareils sérieux. La conductivité ne dit rien de la nature des ions : une eau à 400 µS/cm peut être calcaire ou saumâtre.
Les métaux en MS/m
Côté solides : cuivre 58 MS/m — la référence 100 % IACS de l'industrie du câble —, aluminium 35 (61 % IACS), fer 10. Les contrôles non destructifs par courants de Foucault mesurent la conductivité en % IACS pour trier alliages et traitements thermiques : un dural vaut 30 à 40 % IACS, un laiton environ 28 %. Le facteur entre mondes est vertigineux : le cuivre conduit 10¹² fois mieux que l'eau potable.