Le becquerel : une désintégration par seconde
L'activité compte les désintégrations nucléaires par seconde : un becquerel = une désintégration/s. L'unité historique, le curie — l'activité d'un gramme de radium — vaut 37 milliards de becquerels exactement (3,7×10¹⁰ Bq). Les États-Unis comptent toujours en curies et sous-multiples : 1 mCi = 37 MBq, 1 pCi = 0,037 Bq.
Des bananes aux sources médicales
L'échelle est vertigineuse : un corps humain, naturellement radioactif (potassium 40), émet environ 8 000 Bq ; une banane 15 Bq ; un détecteur de fumée ancien à l'américium 30 kBq ; une scintigraphie injecte 500 à 700 MBq de technétium 99m ; une source de radiothérapie externe historique au cobalt atteignait plusieurs centaines de TBq. L'activité ne dit rien du danger sans le type de rayonnement et l'exposition.
Le radon : Bq/m³ et pCi/L
Le radon domestique — première source d'exposition naturelle — se mesure en becquerels par mètre cube d'air : la référence française déclenche des actions au-delà de 300 Bq/m³. Les États-Unis comptent en picocuries par litre : 1 pCi/L = 37 Bq/m³, et leur seuil d'action de 4 pCi/L correspond à 148 Bq/m³. La conversion entre les deux mondes est le facteur 37.
Activité et décroissance
L'activité décroît avec la période radioactive : elle est divisée par deux à chaque demi-vie. Le technétium 99m des scintigraphies (période 6 h) devient négligeable en trois jours ; le césium 137 (30 ans) marque les territoires pour des décennies ; l'iode 131 (8 jours) disparaît en quelques mois. Doser une source, c'est donc toujours dater la mesure — les MBq d'aujourd'hui ne sont pas ceux de demain.