Le gray : l'énergie déposée
La dose absorbée compte l'énergie déposée par les rayonnements ionisants par unité de masse : un gray = un joule par kilogramme de matière. Son prédécesseur, le rad, vaut exactement 0,01 Gy — les textes et appareils américains l'utilisent toujours (100 rads = 1 Gy). Le gray décrit un dépôt physique brut, sans préjuger de l'effet biologique.
Doses en imagerie et radiothérapie
En imagerie : une radiographie pulmonaire dépose environ 0,1 mGy, un scanner abdominal 10 à 20 mGy à l'organe. En radiothérapie, on change d'échelle : les traitements délivrent 40 à 70 Gy au volume tumoral, fractionnés en séances de 2 Gy — mille fois l'imagerie, concentrés sur la cible pour détruire les cellules cancéreuses en épargnant les tissus sains.
Le kilogray de l'industrie
L'irradiation industrielle travaille en kilograys : la stérilisation des dispositifs médicaux exige 25 kGy, l'ionisation des aliments (épices, certains fruits) 1 à 10 kGy, la réticulation des polymères des dizaines de kGy. Ces doses, monumentales à l'échelle biologique, ne rendent pas les produits radioactifs : l'énergie déposée détruit les micro-organismes sans activer la matière.
Du gray au sievert
À dose absorbée égale, les rayonnements ne se valent pas biologiquement : les particules alpha endommagent vingt fois plus que les photons. La dose équivalente (en sieverts) corrige le gray par ce facteur : Sv = Gy × wR (wR = 1 pour X et gamma, 20 pour alpha). Pour l'exposition humaine réglementaire, voyez notre convertisseur de dose équivalente — le gray reste la grandeur physique de référence en métrologie et en thérapie.